Quelle rentrée 2007 à Cognac?

Publié le par Renaud

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   Depuis quelques années, les lycéen-ne-s cognaçais-es ont commencé à prendre part de manière régulière aux mouvements de lutte nationaux: l'opposition à la réforme Fillon sur l'éducation au printemps 2005, puis le rejet de la loi dite d'égalité des chances au printemps 2006. En 2005, Cognac fut à la pointe du mouvement au niveau charentais, alors qu'en 2006 la durée de la mobilisation fut remarquable pour la ville de Cognac.
   Aujourd'hui cependant, la plupart de ceux et celles qui ont connu ces mouvements ont quittés les lycées Jean Monnet et Louis Delage. Il se pose la question de savoir comment va se faire la rentrée dans ces lycées. Car l'actualité sera chargée: une fois de plus, le gouvernement profite des départs en vacances pour faire passer ses réformes les plus dures.

 

La loi d'autonomie des universités

   Quels rapports entre l'université et les lycées? On en compte au moins deux: tout d'abord cette réforme s'inscrit dans la même lignée libérale que la réforme Fillon sur l'éducation en 2005, ensuite ce sont les lycéen-ne-s actuels qui seraient les premier-e-s à subir les conséquences de cette loi, si elle en venait à être effective.
   De quoi s'agit-il exactement? La loi d'autonomie vise un objectif clair dans l'esprit du gouvernement: faire des universités françaises des universités aussi compétitives que possible sur le marché mondial de l'enseignement et de la recherche. Concrètement, il s'agit de laisser les universités fonctionner comme elles l'entendent, tant au niveau pédagogique que financier. D'où le risque de graves déséquilibres. D'une part, les frais d'inscriptions des étudiant-e-s risquent d'augmenter du fait du désengagement financier progressif de l'état et de la concurrence qui va fatalement s'instaurer entre les universités.
   En effet, chaque université pourra librement employer les chercheurs et professeurs qu'elle souhaite, au prix qu'il lui semblera bon de les payer. On imagine déjà les conséquences: une université riche pourra se payer des « stars », et fera par conséquent payer ses formations plus chers aux étudiant-e-s, qui pourront alors disposer d'un diplôme prestigieux. D'un autre côté, on trouvera des universités pauvres, avec des chercheurs moins renommés, et des diplômes dévalués. Car il faut aussi signaler que chaque université disposera d'une autonomie supplémentaire dans le contenu des formations: une licence de biologie obtenue à Lyon n'aura plus rien à voir avec celle obtenue à Bordeaux! Cette mesure a une autre conséquence dramatique: la casse des conventions collectives, puisque ces conventions sont normalement signées en reconnaissant un même niveau de qualifications pour un diplôme donné... Il s'agit donc d'une casse du cadre national des formations.

   D'autre part, il convient d'analyser la composition des nouvelles instances qui décideront des orientations à donner aux universités. Le président disposera maintenant de la plupart des pouvoirs, il sera élu par le conseil d'administration. Ce dernier, composé de 20 à 30 membres, n'accueillera plus qu'entre 3 et 5 étudiant-e-s, mais pourra accueillir jusqu'à 5 représentant-e-s du monde économique (en général des membres du Medef ou des chambres de commerce locales). Il s'agit donc ici, une fois de plus, d'orienter la recherche et les formations en fonction des besoins temporaires du bassin économique propre à chaque université.
   Il faut aussi constater le risque d'une forte précarisation des personnel-le-s de l'université, pour deux raisons: les universités seront encouragées à confier un certain nombre de missions à des sous-traitants (y compris parmi les enseignant-e-s), mais elles seront aussi en mesure d'embaucher des contractuel-le-s en lieu et place de ceux qui disposaient d'emplois stables.
   Dernier point, particulièrement sensible pour les lycéen-ne-s: le bac était jusqu'alors l'épreuve qui ouvrait l'accès à l'université. Tout cela est remis en cause par « l'orientation active ». Il s'agit en réalité d'une procédure de pré-inscription à laquelle devront se soumettre tous ceux et celles qui souhaitent entrer à l'université. Un avis sera ainsi rendu à chaque lycéen-ne, sachant qu'il est probable que les critères de l'avis ne se fondent pas tant sur les compétences que sur les besoins temporaires en main d'oeuvre du bassin économique local...

 

Refuser cette loi: une épreuve stratégique...

   L'épreuve de force, que le gouvernement souhaite éviter en faisant cette réforme au cours de l'été, risque d'être délicate. Car il faut bien comprendre le sens prioritaire donné à cette réforme, ainsi qu'à quelques autres. Si le gouvernement choisit de faire passer cette loi d'autonomie, ou la réforme du service minimum, avant toutes les autres réformes prévues, il y a bien une raison. Il faut bien comprendre que le secteur des transports est un foyer de fortes résistances à ce type de réforme, et que les lycéen-ne-s et étudiant-e-s ont été les seuls à mettre en échec la droite au cours de ces cinq dernières années!
   C'est donc avec un esprit revanchard et une ferme volonté de mater les oppositions que Fillon et Sarkozy veulent imposer ces réformes. De ce simple fait, le mouvement d'opposition qui risque de débuter lors de la rentrée universitaire ne sera pas de tout repos: ce ne sera pas l'affaire de quelques jours et quelques manifestations! S'il a fallu plus de trois mois pour faire tomber le CPE, il faut s'attendre à quelque chose de semblable lors de la rentrée.
   Ce mouvement se devra d'être durable et de tenir tête au gouvernement pour une raison simple: reculer sur cette réforme, ce serait probablement provoquer l'abdication de la plupart des acteurs du mouvement social dans les cinq années qui viennent!

 

Et Cognac, dans tout ça?

   On en a déjà fait la preuve ces dernières années: les lycéen-ne-s de Cognac sont capables de s'organiser pour lutter lors des mouvements nationaux. Pourtant, le départ de la plupart de ceux et celles qui ont connu les mouvements CPE et Fillon peut être inquiétant.
   Dans ce contexte, il est temps que les lycéen-ne-s de Cognac s'organisent dès maintenant dans une structure capable de porter leurs revendications et d'organiser leur contestation dès la rentrée prochaine. Si certain-e-s le souhaitent, nous nous proposons de mettre en place un réseau d'adresses et d'apporter notre aide si nécessaire, vous pouvez nous contacter sur hastacognacsiempre@gmail.com

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