Les cognaçais commencent actuellement à se familiariser avec une certaine Brigitte Miet, candidate à la députation UMP se réclamant d'une tendance écologiste de droite. Comment ne pas se scandaliser face à une telle prétention: une écologie de droite? La pratique d'une véritable politique écologique n'a, en effet, rien de compatible avec les valeurs traditionelles de la droite. A commencer par les valeurs du sytème capitaliste, dont Mme Miet ne semble pourtant pas être une grande opposante. Il est donc du devoir de chacun de s'interroger sur cette supercherie: est-il possible de concevoir une écologie capitaliste? Pour offrir quelques pistes de réflexion sur ces théories écologistes « de droite », ainsi que sur les particularités existantes autour du Cognac, nous pouvons entamer une réflexion autour de trois axes: redéfinir l'écologie, en chercher les points de convergences (et de divergences) avec la tendance « France écologie » de l'UMP, et finalement évoquer le cas de Brigitte Miet.
Pour débuter, qu'est ce que l'écologie? Il nous serait possible d'évoquer une vaste bibliographie pour déterminer ce qu'est exactement l'écologie, et plus particulièrement ce que l'on appelle l'écologie politique. Nous n'avons pas ici la prétention d'offrir une vision nouvelle de l'écologie. Disons simplement et brièvement que l'écologie, c'est la préservation de l'environnement par l'humanité (et donc pour l'humanité). Suivant cette conception, l'écologie devient une lutte quotidienne menée par l'ensemble des la collectivité humaine, et non « un combat des petits riens » qui voudrait que la préservation de l'environnement ne passe que par le fait que chacun dépense un petit peu moins d'eau pour se brosser les dents, etc. Face à ce dogme ultra-individualiste du « combat des petits riens » qui ressemble fort à un combat de petits privilégiés, nous considérons l'écologie comme une lutte collective. Lutte collective pour la réduction des gazs à effet de serres. Lutte collective pour le développement des énergies renouvelables, pour le respect des équilibres biologiques, etc. L'écologie politique ne se conçoit pas juste en termes d'économies d'énergies ou d'économies de quelques centilitres d'eau. L'écologie politique affirme aussi le droit de tout individu à pouvoir accéder à une alimentation saine, à l'eau potable, à l'énergie propre, etc.
Cette partie de la problématique écologiste ne semble pas avoir été totalement envisagée par les théoriciens de « l'écologie de droite », cela ne devrait pourtant pas nous étonner. Car comment serait-il possible de concevoir une écologie politique qui irait de pair avec le système capitaliste? Il faudrait être bien naïf, cerveau disponible docile admirant les miracles de la nature véhiculés par Ushuaïa sur TF1, pour croire que l'écologie est une priorité d'une institution capitaliste! Car qu'est ce que le capitalisme, sinon la création de profits, la recherche constante de rentabilité par l'exploitation de toutes les ressources disponibles? Si la phrase qui définit le capitalisme comme étant « l'exploitation de l'homme par l'homme » est célèbre, elle reste incomplète: le capitalisme, c'est aussi l'exploitation des ressources naturelles par l'homme. De fait, le productivisme procède bien d'une vision capitaliste de la société. Face à cela, l'écologie politique prône une utilisation des ressources humaines et naturelles qui soit à la fois respectueuse des droits humains fondamentaux et de l'environnement. Dans cette perspective, il nous faut être (en tant qu'écologistes) extrêmement critique envers le régime salarial, mais surtout envers la recherche maximum de bénéfices économiques qui devient aussi bien souvent la cause des pollutions maximums.
Vouloir imposer des visions écologistes qui s'intègreraient dans un sytème économique capitaliste relève donc soit de la schizophrénie, soit de l'ignorance. On peut envisager que des mesures dites « écologistes » soient prises dans un système capitaliste, mais il ne s'agira que d'une politique « environnementaliste ». Car créer un espace naturel protégé n'empêche pas une entreprise de s'installer à quelques kilomètres de l'espace protégé pour polluer. L'écologie ne peut en aucun cas se contenter de mesurettes au cas par cas, il s'agit d'envisager des réponses à l'échelle de l'humanité.
Ainsi il est évident qu'une tendance dite « écologiste » qui ose se prénommer « France écologie » ne peut qu'attirer les railleries de ceux qui savent que les questions environnementales contemporaines ne peuvent être résolues que par des actions coordonées à l'échelle mondiale. L'écologie est une lutte internationaliste, elle n'a rien à voir avec des combats de coqs entre nations comme certains cherchent à le faire croire en prenant pour exemples les conflits africains sur des questions liées à l'eau.
Nous pouvons régulièrement constater l'échec des politiques « environnementalistes » qui cherchent protéger l'environnement tout en conservant les lois de l'économie de marché. Le cas des OGM s'impose à nous comme une évidence: on peut interdire la production d'OGM dans certaines zones, définir un périmètre de sécurité autour des cultures transgéniques, mais chacun sait pourtant qu'aujourd'hui (malgré toutes ces mesures) de nombreuses cultures non-transgéniques ont pu être contaminées! La loi du profit, qui pousse les investisseurs à ne pas prendre les mesures nécessaires pour la protection de l'environnement (dans le cas des OGM on pense à la culture en milieu confiné pour commencer), ne peut pas devenir le moteur des politiques écologistes. Et même si certains viendront prétendre que « préserver la nature signifie préserver des richesses naturelles donc des sources potentielles de profits », nous pouvons constater que cet élan de sagesse n'est pas une caractéristique inhérente à l'humanité (se référer par exemple au cas des pêcheurs de thons).
La multiplication des références à des problèmes écologiques internationaux peut paraître déroutante pour qui n'est pas au fait de tous ces éléments, ou même pour le badaud qui consulte ce blog avec l'espoir d'apercevoir une vision différente de la politique cognaçaise. Cependant ces références sont indispensables, bien que peut être déroutantes, pour la compréhension de la problématique écologiste.
Mais revenons au problème cognaçais. A savoir, l'apparition groupusculaire de « France écologie » sur Cognac, notamment avec la tentative de candidature de B.Miet à la députation UMP. La question que tout le monde risque de se poser: qui est-elle? Professeure de sciences économiques au lycée privé Beaulieu, à Cognac, elle se présentait sur son blog, il y a peu, comme étant le seul rempart de la droite pour que la deuxième circonscription de Charente ne bascule pas à gauche lors des prochaines élections législatives.
Pour cela, ses arguments semblent se résumer au fait qu'elle soit une « écologiste » de droite, mais aussi une femme. Pour un peu et elle se présenterait en féministe acharnée (bien que très attachée à l'autorité familiale).
Malheureusement pour elle, il semble clair au vue des éléments évoqués précédemment que son image d'écologiste est une véritable imposture. Espérons que personne ne pourra venir lui contester son auto-proclamation comme nouvelle star des femmes cognaçaises. Les quelques personnes avec qui nous avons évoqué cela semblent pourtant dubitatives.

