Construire l'alternative

Lundi 9 octobre 2006

 

   Octobre 1906, octobre 2006. On fête ce mois-ci le siècle de la célèbre charte d'Amiens, texte fondateur de référence du syndicalisme hexagonal. Aujourd'hui, trois pôles syndicaux continuent de revendiquer cet héritage: l'Union Syndicale Solidaires (qui réunit entre autres les différents SUD), Force Ouvrière, et la Confédération Nationale du Travail (CNT). Pour autant, les applications faites de ce texte par ces trois pôles restent relativement différentes. Il suffit d'observer les comportements syndicaux dans le cognaçais pour s'en rendre compte. La CNT n'est certes pas présente sur Cognac, les différents SUD restent assez minoritaires et sont très fréquemment boycottés par les autres organisations, cependant Force Ouvrière reste un des syndicats les plus puissant du cognaçais. Il convient de récontextualiser brièvement ce que fut, et ce que représente aujourd'hui, la Charte d'Amiens avant de pouvoir évoquer l'utilisation actuelle qui en est faite.

   A travers les cours d'histoire dispensés dans les collèges ou lycées, chacun sait aujourd'hui que la charte d'Amiens est devenue un texte de référence du syndicalisme hexagonal du fait de la proclamation de l'indépendance syndicale face à la sphère des partis politiques. Il s'agissait de proner l'autonomie du mouvement social face aux diverses formes de pouvoirs.
   Votée à l'issue du neuvième congrès national de la Confédération Générale du Travail (11 au 13 octobre 1906), il est extrêmement réducteur de n'évoquer que le point traité par les programmes de l'éducation nationale. Car ce texte consacrait également la naissance de l'oeuvre syndicale, qui se divisait en deux objectifs: d'une part « l'oeuvre revendicatrice quotidienne » (il s'agit par exemple de l'augmentation des salaires ou de la réduction du temps de travail), d'autre part la préparation de « l'émancipation intégrale » passant par « la disparition du salariat et du patronat ». Les citations sont directement extraites de la charte.
   Mais revenons au point considéré comme étant « central » dans cette charte: l'autonomie du syndicalisme face à la sphère politique. Cette charte fut longuement présentée par les historiens (se référer entre autres aux deux volumes de « l'Histoire des gauches en France » sous la direction de JJ Becker et G.Candar) comme étant la réponse d'une union des syndicalistes révolutionnaires et réformistes face aux guesdistes qui proposaient la collaboration, aussi souvent que possible, avec la Section Française de l'Internationale Ouvrière. Le résultat du vote: 830 pour la Charte, 8 contre et une abstention, indique clairement le refus des militants d'alors de se soumettre à des décisions extrérieures à leur confédération syndicale.
   Pourtant, une poursuite des investigations historiques nous permet de constater qu'une certaine partie des militants de la CGT étaient politiquement encartés, et certains syndicalistes révolutionnaires pouvaient aussi rejoindre des partis (y compris, parfois, la SFIO). Si l'idée des guesdistes (se référer au texte présenté par Victor Renard pendant le congrès), qui ressemblait fort à une abdication de l'autonomie syndicale face au pouvoir politique, fut nettement rejetée, la possibilité de collaborations spontanées sur des points précis intéressant conjointement les syndicats et les partis n'a jamais été prohibée par cette charte. Un des autres motifs du refus de la motion de V.Renard, comme le dira Louis Niel au cours des débats, fut d'éviter que des syndicalistes non adhérents à la SFIO se sentent trahis par une telle alliance.
   Une analyse plus précise du texte présenté par Renard (rejeté par 724 contre, 34 pours, 37 abstentions) nous permet de constater que l'idée directrice des guesdistes lors de ce congrès était la proposition d'un « rapprochement » de la SFIO et de la CGT, induisant un travail entre les syndicats exerçant « la pression, l'action directe » et « l'action menée au sein même des assemblées » (les citations sont extraites de la motion soumise au vote). Manifestement, il existe une contradiction entre la prise du pouvoir tel qu'elle est conçue par les syndicalistes révolutionnaires et la proposition de soumission au parlementarisme représentatif tel qu'elle est formulée par Renard.

 

   On comprend aisément que l'enseignement de telles notions puisse poser un problème de conscience à certains ministres de l'éducation nationale. Il est cependant plus inquiétant que des militants d'organisations se réclamant de cette charte déforment le texte, n'en reconnaissent qu'une partie (ou du moins agissent comme si certaines parties de ce texte ne devaient avoir aucune conséquences dans l'activité syndicale quotidienne), ou encore en livrent des interprétations fallacieuses.
   Il est ainsi amusant, et à la fois effarant, de constater l'utilisation qui est faite de cette charte par certains militants de Force Ouvrière. A en écouter certains, on croirait presque qu'en 1906, à Amiens, le mouvement syndical est devenu un mouvement apolitique! Bien au contraire, cette charte consacre l'action éminemment politique du syndicalisme. Il est même relativement aisé de démontrer que c'est en cas d'adoption de la motion présentée par Renard que le syndicalisme aurait connu une dérive vers l'apolitisme, du fait même de sa soumission à des pouvoirs extérieures qui lui aurait supprimé la possibilité de prendre des décisions de manière autonome.
   La charte consacre l'oeuvre politique des syndicats, non par le fait même de la proclamation de l'indépendance du syndicalisme, mais à travers les possibilités de poursuite de « la double besogne » (revendications immédiates et « disparition du salariat »). Entendre aujourd'hui des syndicalistes déclarer qu'ils ne peuvent pas participer à des travaux communs avec des militants politiques, lorsque les intérêts concordent, et donc d'une part relativement scandaleux d'un point de vue des possibilités temporaires d'unité du mouvement social, mais il s'agit aussi trop souvent d'une entrave à l'accomplissement de « la double besogne ». 
   Face à de tels agissements, il convient probablement de reconsidérer jusqu'à l'intérêt de cette charte: pourquoi avoir proclamé l'autonomie du mouvement syndical? C'est, tout simplement, pour permettre des prises de décisions indépendantes des pouvoirs, donc susceptibles de répondre le plus efficacement possible aux objectifs fixés par la charte. Dans cette perspective, il peut être compréhensible de refuser de participer à des réunions décisionelles impliquant des responsables politiques, mais qu'en est-il lorsqu'il s'agit d'actions conjointes ou même de banales conférences sans conséquences? Si l'on évoque cela, c'est qu'il est fréquent que FO refuse de participer, par exemple, à une conférence sur l'emploi si un quelconque parti est présent. Ce comportement syndical ne peut pas légitimement se revendiquer de la charte d'Amiens, il est tout simplement absurde.
   Cet exemple peut prêter à sourire, dans la mesure où aucune conséquence grave n'en découle. Des pratiques plus graves, pourtant, sont observables dans le fonctionnement interne de FO. Nous ne parlons plus seulement du cognaçais. Sous couvert d'un apolitisme absolu, on constate que FO laisse se perpétrer certaines pratiques d'entrisme (voir par exemple l'action du PT à une époque). Plus grave, on se rappelle qu'un des individus arrêté au printemps dernier pour avoir profané des tombes juives par des inscriptions néo-nazis était un militant de FO. Certes, ces exemples ne sont pas représentatifs de FO ni des militants de FO. Pourtant, inévitablement, une interprétation fallacieuse de la charte d'Amiens, par laquelle on en déduit que le syndicalisme doit être apolitique, ne peut mener que sur de tels états de faits.


   Il convient donc de reconsidérer pleinement ce qu'est la charte d'Amiens, et en particulier son action éminemment politique à travers de la proclamation de l'indépendance syndicale face aux pouvoirs politiques. Cette proclamation qui, seule, permet de mener à bien « la double besogne ». La prise en compte de ces deux éléments est un facteur essentiel, pour ne pas tomber dans le piège de l'apolitisme, pour ne pas sombrer dans l'inefficacité.

 

Liens:
Intégralité des débats d'Amiens en 1906
Charte d'Amiens - 1906

Par Renaud
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Dimanche 17 décembre 2006
    Le sujet n'a pas encore été évoqué sur ce blog, cependant il entretient la polémique depuis plusieurs mois dans les médias mais aussi dans la population cognaçaise qui est directement concernée.

   En effet, la question de l'eau sur Cognac est devenue en quelques mois l'un des thème les plus démonstratif de la nuisibilité des effets de la privatisation des services publics. La gestion de l'eau est confiée au SIEAAC (Syndicat Intercommunal de l'Eau et de l'Assainissement de l'Agglomération de Cognac). Ce SIEAAC est composé d'élus de Saint Brice, Merpins, Cognac et Chateaubernard.

   Depuis 32 ans, la majorité des élus présents ont décidé d'impulser une vision libérale, et ce au sens le plus purement économique du terme. Sur une question concernant directement la vie quotidienne de milliers d'individus, il n'a jamais été question de consulter les populations concernées. Ce manquement à la démocratie s'accompagne d'une application purement dogmatique des principes essentiels du libéralisme: la gestion de l'Eau est confiée depuis 32 ans à Veolia qui facture aujourd'hui le mètre cube d'eau à 2,28 euros alors qu'une gestion publique permettrait de disposer d'un mètre cube à un prix inférieur à un euro!

   Les polémiques sont alimentées depuis plusieurs mois par le fait que cette gestion devait expirée en 2007. Un vote avait donc lieu au printemps dernier, il a été majoritairement décidé de reconduire un contrat avec Veolia. La majorité des élus présents dans ce SIEAAC serait donc allée dans le sens des intérêts de la population? Ou dans celui d'une « concurrence libre et non faussée »?

   Nous n'allons pas, ici, retracer les différentes étapes de la polémique qui ont été évoqués fréquemment sur le blog http://cognac-citoyen.blogtrafic.com/.

   Si nous évoquons cette question aujourd'hui, c'est que nous tenons avant tout à attirer l'attention de tous les visiteurs de ce blog sur la brochure publiée par le Comité pour la défense de l'hôpital et le développement des services publics dans le pays de Cognac, dans laquelle il a été réalisé une étude sur le coût possible d'une gestion publique de la gestion de l'eau dans le cognaçais.

   De telles propositions ne peuvent qu'être intéressante et nous partageons très fréquemment les conclusions et les idées du comité, cependant nous ne pouvons qu'espérer que l'information qui va être faite autour de la question de la gestion de l'eau dans le cognaçais n'est qu'une première étape qui ne serait que la préparation d'une perspective de mobilisation de la population dans le but, à terme, de se ré-approprier le bien collectif qu'est l'eau. Il nous semble essentiel de ne pas perdre de vue cet objectif puisqu'une information qui n'a pas pour but d'amener à l'action est inutile.

   Vous noterez aussi que la réalisation de ce document par le comité a coûté 800 euros, il semblerait donc que le soutien financier qui pourrait éventuellement être apporté à ce comité soit le bienvenu! Vous trouverez le contact du collectif au bas de la quatrième page de leur brochure.

Par Personne & Renaud
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Jeudi 18 janvier 2007


   Lors du dernier compte rendu de conseil municipal publié sur le blog "Citoyen de Cognac", quelques lignes sont consacrées aux futurs projets du conseil municipal des jeunes.

   On y apprend, première nouvelle, que le conseil municipal des jeunes réclame un espace de communication sur le site de la mairie. Initiative louable, puisque le conseil municipal des jeunes reste relativement opaque jusqu'à ce jour. On peut tout de même constater que l'autonomie de la jeunesse, qui se voudrait pourtant être favorisée par un initiative telle que ce conseil, est bien loin d'être une réalité. C'est donner une bien piètre image de la jeunesse cognaçaise que de se sentir contraint de communiquer par des structures "officielles".

   Passons, on revient ensuite surtout sur le projet de maison des jeunes.
   Rappelons que ce projet inclurait trois éléments majeurs: un bar sans alcool, une petite salle de conférence et de projection, et un espace qui proposerait des sorties.

   D'une, créer un bar réservé à la jeunesse, c'est avant tout mettre en place une sectorisation de la population. On peut estimer regrettable qu'il n'y ait pas, à Cognac, de lieux plus conviviaux que les cafés de la place François 1er. Cependant, ce n'est pas en mettant les jeunes en marge de la population que l'on arrangera cette situation. Bien au contraire, mettre en marge la jeunesse, c'est ce complaire dans une sectorisation qui ne favorise que l'immobilisme de la jeunesse.

   De deux, vouloir une salle de conférence et de projection supplémentaire à Cognac, c'est s'enfoncer dans le ridicule. Non seulement il existe des dizaines de salles de ce type (cinemovida, salamandre, couvent des récollets, etc.), mais en plus, force est de constater que la municipalité n'a jamais véritablement encouragée l'accès de la jeunesse à ces structures. En effet, au lieu de systématiquement tenter de séparer la jeunesse du reste de la population, ne serait-il pas plus judicieux de promouvoir les tarifs jeunes dans le cadre d'eurociné au cinémovida? Ne serait-il pas possible d'offrir un accès plus facile à la culture pour la jeunesse cognaçaise plutôt que d'installer avec force subventions des carrés VIP pendant le blues passions? Ne serait-il pas possible de mettre en place des conditions plus favorables pour donner accès à la jeunesse aux conférences qui peuvent se tenir à la Salamandre ou ailleurs? A priori, la municipalité de Cognac préfère faire de nouvelles dépenses pour installer une séparation nette entre jeunesse et "monde adulte"...

   De trois, n'est-ce pas aussi le rôle d'info 16 que de se doter d'un espace proposant des sorties? On peut d'ailleurs constater qu'info 16 connait un certain succès, alors pourquoi vouloir installer une structure supplémentaire (et superflue)?

   Dans un second temps, si cette maison des jeunes est un projet qui semble avancer, on peut légitimement se poser la question de sa gestion. Qui gèrera la maison des jeunes? La municipalité? Le conseil municipal des jeunes? Une association en forme de sous-marin de la mairie? Quoiqu'il en soit, il nous parait difficile d'envisager que la mairie laissera la jeunesse manoeuvrer seule et de manière autonome. Comme l'évoquait Michel Adam dans un commentaire, une maison des jeunes a déjà existé sur Cognac, et la mairie en avait toujours conservé le leadership, de peur de laisser trop d'autonomie à la jeunesse...

   Alors la question doit être posée: que représentera cette maison des jeunes, sinon un lieu de sectorisation de la jeunesse et d'apologie de l'immobilisme? Que peut-on espérer voir émerger de constructif de ce lieu après ça création? La question paraîtra incongrue aux élus: rien n'est censé émerger de cette maison, bien au contraire, on chercherait plutôt à laisser la jeunesse bien au calme dans cette maison pour éviter de l'entendre ailleurs. Cette maison des jeunes de présente pour le moment comme une ode à la soumission et à l'immobilisme. On n'est bien loin de la jeunesse cognaçaise en mouvement que l'on a connu lors des mouvements d'opposition à la loi d'égalité des chances et à la réforme Fillon.

   Alors, peut-on estimer, aujourd'hui, qu'il est judicieux d'envisager une autre maison des jeunes? Une structure capable de s'émanciper de l'assistanat municipal, de s'autogérer, sans pour autant embrigader la jeunesse en une forteresse hors de la société? Une structure qui serait montée par des jeunes, sans la tutelle paternaliste du conseil municipal?

   La question est ouverte, et le débat s'impose...

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Jeudi 19 avril 2007

Dites le fort!
 A propos du livre de Benoît Sabatier et du concert de Naast...

 

            En cette période de marasmes électoraux, il est temps de revenir à des sujets un peu plus légers. Quoique... Comment « le rêve contre-culturel s'est mué en cauchemar jeune »*.

 

            « Pourquoi devrait-on vous présenter quelqu'un de propre et de sage que l'on devra se cogner toute notre vie? Pourquoi n'iriez-vous pas vous faire foutre? »*.

 

            Ces jours-ci paraît le livre « Nous sommes jeunes, nous sommes fiers » de Benoît Sabatier. L'ambition de cet essai est d'étudier l'émergence de « la culture jeune », culture qui apparaît via le rock. Proposer ici une nouvelle étude de ce phénomène ne nous intéresse pas particulièrement pour le moment. Par contre, il est essentiel de repenser un aspect majeur de ce livre.
            Ce qui est en effet pointé, dans les évolutions du rock depuis les années 60, c'est la façon dont cette culture s'est adaptée (en partie du moins) au capitalisme. Plus les disques de rock se vendaient, plus la jeunesse adoptait des codes appartenant à cette culture, plus les industriels de la musique ou du vêtement s'enrichissait.
            Revenons aux fondements. Quel est la finalité du rock, dans les années 60 ou 70, quand les Doors font un concert, quand Jimi Hendrix enregistre Electric Ladyland? S'agit-il simplement de créer une « culture jeune » pour le plaisir de se démarquer? Improbable. Voire même impossible. Dans les années 60, aller voir un concert des Doors, c'est un danger à prendre, c'est aussi un choix politique à assumer. Le rock n'est pas une musique qui cherche avant tout à faire danser, mais à exprimer certaines interrogations, remises en cause ou fragments de vérité. Camus écrivait: « l'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde ». Le rock: une certaine expression de l'absurde? Pour Camus encore, l'absurde se réalisait aussi par la révolte. Qui peut nier, dans les années 60, que le rock se conclut toujours par un cri de révolte?
            Cette culture rock a donc aujourd'hui été largement récupéré par un certain nombre d'intérêts financiers, la révolte pour les « rock stars » d'aujourd'hui est devenue une façade, elle est devenue superflue. Dans le même temps, le message véhiculé s'est estompé pour finalement presque en venir à disparaître. Combien de « rock stars », aujourd'hui, sont capables d'assumer des textes engagés? Pas juste cet engagement bien-pensant contre l'extrême droite (bien que cela soit évidemment positif), mais un engagement de transformation sociale bien plus profond? Combien de groupes, aujourd'hui, peuvent prétendre encore inscrire leur musique dans une philosophie camusienne de l'absurde et de la révolte?
            Bien peu, manifestement.
            Pendant que le rock devient un produit commercial, la jeunesse prend le risque de basculer dans le superficiel et d'abandonner les perspectives initiales que proposait cette culture. La révolte n'intéresse plus par ce qu'elle promet, mais elle intéresse en elle même. Et, de préférence, autant que cette révolte s'habille des plus beaux apparats: vestes branchées, ceintures, jeans, converses, etc. La révolte doit briller, attirer l'oeil, peu importe ce qui se cache derrière tout ça puisque les intérêts financiers ont bien pris garde de ne plus rien laisser de subversif derrière ces costumes. « Tout brille, mais rien ne brûle »: la révolte brillante est belle, si belle que l'on en a oublié sa finalité. On en vient même à tolérer l'ultra-sécurisation de lieux de concerts, là où la présence abusive de policiers aurait provoqué des émeutes il y a une trentaine d'années.
            La jeunesse qui se consumait dans la révolte a finie par s'auto-consommer, tous ces éléments culturels qu'elle avait engendré sont maintenant chèrement monayés. La révolte brille et attire la jeunesse, mais cette révolte de surface ne trompe plus personne, la jeunesse n'est plus véritablement révoltée mais au contraire elle sombre dans la superficialité pseudo-rock que lui propose la société de consommation.
            Alors, quel rapport avec Cognac? Dans quelques jours vont se produire aux anciens abattoirs les Naast. Groupe déjà adulé par certains comme étant le renouveau d'un rock pur et dur, contesté par d'autres comme étant de sombres caricatures de rockers enchaînant les clichés. Qu'en est-il vraiment? Nous ne trancherons pas la question, chacun aura l'occasion de juger sur scène. En espérant qu'eux au moins n'ont pas oublié que le rock est porteur de révolte, et pas uniquement en surface... En espérant que les lecteurs de cet article restent fidèle au rock des Doors, des Clash, et autres... Que vive le rock révolté!

 

            « Intégré, marchandisé, infantilisé, le rock a ensuite droit, malgré quelques soubresauts contre-culturels, à un public à son image: une jeunesse de plus en plus manipulée. Avide de rock humanitaire, de produits bobos ou de télé-réalité, à partir de 1984, la jeunesse devient une entité souvent bêlante. »*

 

* ces quelques citations sont tirées du livre de B.Sabatier.

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mardi 29 mai 2007
Une information qui pourrait peut être intéresser messieurs Mouhot, Belliot et leurs co-élus au SIEAAC...

La gestion publique de l'eau
Nouvelle gouvernance et démocratisation de l'action publique locale



première journée d'échanges et de réflexion de recherche-action cemagref-nantes métropole


contexte et objectifs de la journée
dans le cadre du programme de recherche-action engagé entre le cemagref et nantes-métropole, le comité de pilotage organise un temps de réflexion et de débat autours des travaux engagés et des premiers résultats. ce temps d'échanges qui rassemble chercheurs et acteurs praticiens du service public de l'eau a pour principal enjeu de mettre en débat les questions cruciales de la gestion de l'eau du point de vue de l'action publique associée.


le 28 juin 2007, de 9h à 17h
cité des congrès de nantes
5 rue de valmy
44041 nantes cedex
02.51.88.20.00

Le programme: cliquez sur ce lien...
Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mercredi 27 juin 2007

DSC00157.JPG



Manifestement, la municipalité et les organisateurs du festival du film policier ont eut la volonté de transformer le festival en un évènement beaucoup plus populaire qu'il ne le fut auparavant. Placer le festival fin juin, au moment de la fête de la musique, cela ne pouvait que permettre d'attirer plus de monde dans le centre. Assurer des concerts en soirée le vendredi et le samedi, aussi.

Mais l'on en vient à croiser des gens qui se posent la question: "où y sont, les films?"...
La fréquentation des concerts des vendredi et samedi fut importante, cela ne peut qu'être positif pour tous ceux qui y ont participé (ainsi que pour les caisses des cafés de la place François 1er, au passage). De là à dire que le festival du film policier est devenu populaire, il y a des nuances à apporter. Car ce qui fut populaire, ce sont les concerts de la place François 1er, pas les films proposés par le festival.

Si l'on voyait beaucoup de cognaçai-se-s et de jeunes pendant les concerts, il semblerait qu'ils étaient beaucoup moins présents aux alentours des salles de projections. Cette année encore, le festival a maintenu une distinction entre une très faible minorité de festivaliers et le reste des cognaçais.

Les concerts furent plutôt de qualité. Mais au moment d'un festival du film, pourquoi n'a-t-il pas été envisagé de proposer d'organiser des concerts alliant cinéma et musique? Cela a déjà été fait par de nombreux artistes plus ou moins réputés. Pourquoi ne pas envisager de faire jouer des artistes habitués de l'élaboration des musiques de film? Pourquoi ne pas simplement proposer à des artistes (cinéastes et musiciens) de s'associer pour un projet inédit au moment du festival du film policier? C'est aussi de cette manière que le festival de Cognac peut s'imposer comme un lieu de création orginiale.

La volonté de rendre l'évènement plus populaire était donc positive, cependant il reste du chemin à parcourir. Le volonté de populariser l'évènement ne doit pas engendrer un déclin de la qualité artistique, le meilleur moyen de réaliser conjointement ces deux objectifs, c'est de favoriser la création originale. D'un autre côté, il est aussi nécessaire que tous ceux que l'on souhaite faire participer à l'évènement participent au même évènement! La distinction entre les festivaliers du théatre et les festivaliers nocturnes de la place François 1er doit cesser, il est nécessaire de faire en sorte que les festivaliers s'intéresse tous au même thème: le film policier, puisque c'est à cela que le festival est consacré!

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mercredi 10 octobre 2007

Quelle place pour Véognac dans les médias?

     Le « conflit de l'eau » dure maintenant depuis plus d'un an. Des voix discordantes émettent régulièrement des protestations. Mais les médias ne semblent pas souhaiter les relayer. Ou si peu... Pourquoi? Il aura fallu attendre l'action symbolique Véognac pour que les oppositions fassent vraiment l'objet d'un traitement médiatique (un tout petit peu) plus approfondi... Pour quelles raisons? Une « censure » politique? L'explication paraît un peu trop simpliste... Et si les raisons étaient plus profondes?

 

     Le fait est que nombre d'expressions des différents acteurs de Véognac n'ont pas été relayé par les médias (ou dans des proportions minimales). Ainsi, certains courriers du comité de défense et de développement des services publics mettant en cause quelques élus du SIEAAC n'ont pas été relayé comme ils l'auraient probablement mérité, si les médias locaux souhaitaient donner à leurs lecteurs une information complète.
S'il est fort probable que ces médias aient tenté d'obtenir les réponses des élus concernés, et qu'il est d'autant plus probable que ces élus aient demandé aux médias de ne pas trop faire de bruit quant à ces questions, la probable passivité de ces médias face aux élus n'explique pas tout...

 

        En effet, on peut faire un constat: la contestation qui s'affiche dans les « institutions » politiques reconnues comme telles (conseils municipaux, communauté de commune, etc) est largement médiatisée: on l'a vu avec le maire de Chateaubernard lors des conflits sur l'hôpital, on l'a de nouveau constaté récemment avec le départ des conseillers municipaux socialistes.
        Face à cette large médiatisation de la contestation institutionnelle, on ne peut donc qu'être frappé par le fait que la contestation qui s'exprime par des structures plus originales (syndicalisme, monde associatif, etc) n'est que rarement prise en compte par les médias.

        Certains pourront dire que les médias nationaux sont exactement dans la même démarche. C'est vrai, d'autant plus vrai depuis que l'arrivée de Sarkozy au pouvoir s'accompagne d'une relative aphonie du « mouvement social », mais ce constat que l'on peut faire au niveau national est répercuté à la puissance 10 à l'échelon de Cognac...
        On ne peut donc que se satisfaire du fait que les opérations Véognac successives aient pu brusquer un peu les médias dans leurs habitudes, les sortir du conditionnement classique selon lequel la rubrique politique d'un journal ne serait que le résumé des élections et des conseils municipaux agrémentés de quelques ragots... Pour autant la route semble encore longue avant que les médias locaux ne s'ouvrent à tous les acteurs politiques du cognaçais...

 

        L'occasion de rappeler que le blog Hasta Cognac Siempre reste dans la perspective de proposer des visions politiques alternatives de celles que l'on voit trop souvent dominer à Cognac: les médias étant plus qu'à leur tour acteur (et pas juste spectateurs) des luttes politiques, il était important de traiter de cette question sur ce blog...
        En passant: cela fait donc maintenant un peu plus d'un an que ce blog est né, qu'il atteint des taux de visites très honorables (ne serait-ce que du fait qu'il ne s'inscrit pas forcément dans les cadres politiques classiques que nous décrivions plus haut) et continue de poursuivre sa route, actuellement en contribuant au développement
des actions de Véognac.
        Avec un peu de retard, c'est aussi l'occasion de fêter l'anniversaire du
blog Citoyen de Cognac!

Par Renaud
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