Echos des mobilisations

Mercredi 11 octobre 2006

En fouillant quelques archives, je suis retombé sur une lettre de réponse du député Bobe aux comités d'actions lycéen de Cognac à la suite des mobilisations contre la réforme Fillon sur l'éducation en 2005. Peut être pourrait-il être intéressant de la porter à la connaissance du plus grand nombre, puisque "Sud Ouest" n'en publia qu'une phrase (le lapsus de conclusion "rependrez vos cours"). Rappelons que la manifestation du 8 mats avait réunie entre 700 et 900 lycéens. A l'époque, la droite semblait unie à Cognac: le député faisait preuve d'arrogance envers ceux qui se mobilisaient (donc contre la majorité des lycéens de Jean Monnet puisque la pétition contre la réforme avaient réunie les signatures de plus de la moitié des effectifs du lycée), le maire ignorait le comité d'action lycéen qui sollicitait une rencontre, une future candidate à la candidature définissait ce mouvement comme étant destructeur de "l'esprit républicain" (sans définir ce qu'est "l'esprit républicain"). Une droite unie pour la casse d'une éducation de qualité, de quoi susciter une certaine émotion chez certains bourgeois cognaçais? Voilà ce que ça donne, une droite unie qui parle aux lycéens:

 

"Paris, le 22 mars 2005
Messieurs,
Vous m’avez adressé un courrier circulaire émanant du « Comité d’Action Lycéenne » que vous avez constitué, et j’en ai pris connaissance avec attention.
En premier lieu, j’aimerais vous rappeler que de grands débats départementaux et régionaux se sont tenus pendant plusieurs mois sur l’ensemble du territoire avant que ne soit élaboré le projet de loi, contrairement à ce que vous dénoncez dans votre lettre. Il est dommage que vous n’ayez pas participé, ces débats étant largement ouverts à tous. De nombreux lycéens se sont exprimés et ont été entendus.
Pour ce qui concerne le fond, je crois sincèrement que les craintes que vous exprimez devant ce texte de loi proviennent d’une méconnaissance des dispositions réellement proposées et de leurs véritables conséquences. Personne ne conteste plus une certaine faillite du système éducatif, il était donc grand temps de renouveler celui-ci. Par exemple, le contrôle continu, déjà mis en œuvre dans de très nombreux pays européens, ne peut en aucun cas être néfaste à l’obtention du bac : tout au contraire, l’élève qui travaille régulièrement ne peut que réussir son examen. Déjà plus de 80% des élèves obtiennent le baccalauréat, donc faire en sorte que tous aient le niveau adéquat au moment de le passer, est cohérent avec une éducation réussie. Autre exemple, les cours de soutien que vous demandez sont parfaitement prévus dans la loi qui établit par ailleurs des parcours personnalisés adaptés à chacun.
Nous sommes nombreux à regretter le rôle néfaste de politisation qu’ont joué les syndicats dans cette affaire. Refuser l’évolution des choses et la modernisation qu’elles soient proposées par la droite ou par la gauche, alors que les autres pays européens la vivent quotidiennement, ne résout ni le problème de l’analphabétisme qui s’est développé rapidement, ni le fait que beaucoup de jeunes français ne connaissent pas de langue étrangère, ni le manque d’espérance de nombreux jeunes. Tout cela les pénalise dans un monde en changement perpétuel. Et personnellement je souhaite qu’au contraire, comme le fait la nouvelle loi, la possibilité d’être mieux soutenus, mieux accompagnés par des parcours individualisés, permette aux jeunes d’être mieux armés intellectuellement en sortant du lycée pour soutenir la « concurrence » des autres lycéens européens.
La période d’enseignement que suit l’ensemble des élèves a pour but de les former et de leur apprendre à faire le mieux possible le métier qu’ils souhaiteront ensuite exercer, munis des bases essentielles. Parmi ces bases, la recherche de l’excellence est une évidence à laquelle se trouvent ensuite confrontés tous les acteurs de la vie sociale, dans chaque domaine d’activité. La réalité est que les victoires technologiques sont acquises parce que la recherche de la perfection mène les entreprises. C’est chaque jour que nous profitons tous des fruits de ces recherches. On ne peut en rester aux consoles de jeux ou aux graveurs de DVD… Rester dans la facilité ou n’avoir pas les moyens d’accéder et de comprendre le monde est une pénalisation que nous ne pouvons accepter pour la jeunesse de notre pays. Ce serait totalement irresponsable. Tant d’autres jeunes, dans de nombreux pays du monde, se battent au contraire pour avoir le droit d’étudier, et d’étudier correctement. Beaucoup, notamment dans les pays sous-développés, n’ont même pas la possibilité d’y songer !
Enfin j’ajouterai que se déclarer contre l’élitisme n’est pas en soi un but suffisant. Tout au contraire, les étudiants qui ont suffisamment travaillé pour obtenir leurs diplômes, souhaitent pour leur très grande majorité faire des stages ou des études à l’étranger afin de poursuivre leur formation. Ceux-là sont conscients qua face aux autres concurrents, ils ont tout intérêt à être les meilleurs. Leur vie future en bénéficie largement et ils feront partie des décideurs. Le but de l’enseignement n’est pas d’apprendre aux jeunes à compter sur la famille ou sur la société pour survivre. C’est d’apprendre à engranger les connaissances suffisantes pour ensuite les utiliser au profit de son bien propre et celui de la société à qui la formation de chaque individu coûte cher.
Souhaitant vivement que vous réfléchissiez à ces valeurs, et que vous ne mettiez pas au même niveau d’une part les travaux pratiques, l’enseignement des langues étrangères, l’allègement des effectifs des classes ou la sécurité dans les établissements avec d’autre part les lieux conviviaux meublés de fauteuils, l’accès gratuit aux e-mails ou les distributeurs de fruits (sic),
Espérant surtout que vous rependrez vos cours avec enthousiasme et que vous aussi vous réussirez brillamment vos examens,
Je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de mes sentiments les meilleurs et les plus cordiaux.
Jacques BOBE"

Peut-on toujours défendre la réforme Fillo, aujourd'hui, alors que le socle commun entrait en vigueur lors de la rentrée de septembre? Peut-on toujours vanter les "vertus positives" de la politique éducative menée depuis 2002, logique qui est celle du processus de Lisbonne, qui aura aussi engendrée la réforme LMD, la mise en place des PRES, etc? Cette logique de marchandisation du savoir et de l'éducation qui est celle des libéraux aura aussi engendrée la baisse constante des postes aux concours de l'éducation.

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Lundi 20 novembre 2006

Nous reproduisons ici l'appel des étudiants de Rennes II, qui constitue un nouvel appel à la mobilisation de la jeunesse contre le processus de précarisation mis en place par le gouvernement.

APPEL DE RENNES II

Suite au mouvement du printemps, et alors que nous réaffirmons la nécessité d'une amnistie des acteurs du mouvement social victimes de la répression ainsi l'abrogation de la Loi d'Égalité des Chances et du CNE, la seule réponse proposée par le gouvernement est le rapport Hetzel qui préconise notamment l'instauration d'une présélection à l'entrée à l'université ainsi qu'une professionnalisation accrue des études (obligation de stages sous rémunérés voire non rémunérés, etc.). De plus, la précarisation de la jeunesse, que nous avons dénoncée pendant le mouvement du printemps, se poursuit et s'accroit: les tarifs du CROUS augmentent, les manques de moyens dans les universités sont toujours présents, etc.
Les étudiants de Rennes II réunis en Assemblée Générale le jeudi 16 novembre rappellent donc que seule la création d'un rapport de force pourra permettre l'amélioration du fonctionnement des universités et de la condition sociale des étudiants. Nous, étudiants de Rennes II, appelons l'ensemble des étudiants à se mobiliser au plus vite en réactivant les réseaux militants ayant existés de février à mai dernier.
Nos revendications sont les suivantes :

Contre la libéralisation de l’université, nous nous opposons aux orientations impulsées par le gouvernement et le patronat :

Indépendance de la recherche par rapport aux bassins industriels locaux :
→ Abandon des PRES (Pole de recherche de l'enseignement supérieur) qui sont des poles d'excellence dont le parc est majoritairement financées par l'etat au service d'entreprises privées. Pour une recherche 100% public.
Opposition aux conclusions du rapport Hetzel :
→ Halte à la professionnalisation en fonction des besoins économiques
→ Contre la sélection à l’entrée de l’université (refus d'une préséléction des lycéens grace à un entretien en mileu d'année de terminale) et à l’intérieur des cursus (notamment en master 1 et 2).
Maintien de la session de septembre

L’arrêt du processus de libéralisation n’est pas une fin en soi, un réengagement financier de l’Etat dans l’enseignement supérieur est nécessaire pour un meilleur fonctionnement, ainsi nous demandons :

Remise en état des locaux
Mise en application rélle de l’exonération des frais d’inscription pour les 10% d’étudiants concernés dans l’attente de la gratuité de l’enseignement supérieur
Titularisation de tous les vacataires
Embauche massive en CDI dans les universités et dans les CROUS
Augmentation du nombre de poste aux concours

Cependant, parce que notre vie ne s’arrête pas aux murs de l’université, et pour que nous puissions vivre dans des conditions décentes nous réclamons :

Construction massive de logements sociaux
Réquisition des logements vides
Gratuité des transports
Rémunération des stages, au minimum, à hauteur de SMIC
Réévaluation des bourses, remise à plat des critères d’attribution dans l’attente d’un salaire social
Carte d'étudiant = Carte de séjour

Les étudiants de Rennes 2 réunis en assemblée générale le 16/11/06

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Jeudi 19 avril 2007


 

            A Cognac comme ailleurs, les électeurs se déplaceront dimanche prochain pour se prononcer sur leur prochain-e président-e. A Cognac comme ailleurs, tout le monde vivra avec les conséquences du choix qui sera fait dimanche. A Cognac comme ailleurs, on risque de constater dimanche soir la droitisation des discours politiques. A Cognac comme ailleurs, il faudra savoir réagir face aux périls qui pourraient bien se présenter à l'issue de ce premier tour.

 

            A quelques jours des élections, on peut déjà dresser un premier bilan de cette campagne, un bilan critique, pour éventuellement réfléchir non pas juste aux thèmes de cette campagne, mais aussi à l'utilisation de ces thèmes par un certain nombre de candidats.

            Comme en 2002, on constate une omniprésence des thématiques liées à l'immigration et à l'insécurité, ces deux thèmes étant liés de manière consciente dans l'esprit des candidats de droite (ils sont liés aussi dans l'esprit des électeurs de ces partis – mais de manière beaucoup moins consciente). Que l'immigration soit un cheval de bataille du front national n'étonne personne, le discours de Le Pen n'a pas changé depuis des années même s'il revêt aujourd'hui des apparences plus acceptables auprès du public. Que ce discours atteigne de nombreux autres candidats révèle une tendance beaucoup plus inquiétante.

            En effet, Sarkozy, en tant que candidat UMP (mais aussi en tant que représentant de l'Etat lorsqu'il était ministre) a largement contribué à propager un climat xénophobe d'hostilité ambiante à l'immigration (avec la fameuse citation « la France tu l'aimes ou tu la quittes »). De nombreux militants UMP ont ensuite été capables, au cours de cette campagne, de reformuler la phrase de leur candidat: « quand il sera président, la France de Sarkozy si tu l'aimes pas t'auras qu'à la quitter ».

            Non pas « la France », mais mieux! « La France de Sarkozy »: tout un programme, visiblement bien intégré par les militants UMP. Car, en effet, la France de Sarkozy fonctionne déjà sur une représentation fantasmé de ce pays. Tout comme Le Pen, lorsqu'il stigmatise les immigrés de manière quasi-obsessionnelle, Sarkozy oublie de regarder les chiffres et l'histoire. Les immigrés, aujourd'hui représentent environ 8% de la population française, et ce chiffre est stable depuis environ un siècle. Les sans papiers, eux, sont évidemment plus difficile à recenser, cependant les rapports estiment généralement qu'il y aurait entre 300.000 et 500.000 sans papiers au maximum en France: une goutte d'eau lorsqu'on parle d'un pays de plus de 60 millions d'habitants! Et certainement pas de quoi nuire à l'emploi. Au contraire, actuellement, un certain nombre d'employeurs réclament la régularisation de sans papiers qu'ils ont embauché et formé à des postes que bien peu de personnes acceptaient (dans des abattoirs en particulier).

            Alors quel intérêt peuvent avoir l'extrême droite de Le Pen et la droite extrême de Sarkozy à stigmatiser les immigrés? Diviser, simplement. L'étranger comme bouc émissaire, la situation n'est pas nouvelle, les apprentis dictateurs se gardent bien d'innover. Diviser non pas l'électorat traditionnel de la droite, la peur de l'immigration n'est certainement pas une peur vraiment partagée par les classes les plus aisés de la population (sauf peut être ceux qui se terrent dans des ghettos pour riches à Neuilly ou ailleurs). Quand la droite xénophobe veut diviser en utilisant les immigrés en boucs émissaires, il s'agit d'un argument électoral qui s'adresse avant tout aux plus démunis: « regardez le mal, c'est l'immigré, c'est lui qui vous prend votre travail et votre argent, et puis c'est lui aussi qui brûle vos voitures, et c'est lui aussi qui vous insulte, vous et vos ancêtres français, et puis c'est à cause de lui la gare du nord, et puis... ».

            Plus que n'importe quel autre question, ce thème de l'immigration caractérise à merveille la politique sarkozyste à venir si dernier en venait à être élu: un plagiat de programmes fascisants avec pour mesure phare la création « d'un ministère de l'identité nationale ».

            Si, dimanche à 20h, Le Pen et Sarkozy en venaient à accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle, nous ne pourrons en aucun cas rester figés en se contentant de dire que les urnes se sont exprimées. Les urnes n'auront alors fait qu'exprimer la réussite des stratégies de manipulation propres à la droite extrême. Si même l'un seul de ces deux hommes atteint le second tour du scrutin, nous ne devrons pas tergiverser! Leurs politiques sont les mêmes, nous leur devons l'égalité de traitement: si nous avons été capables de combattre contre un vieillard borgne en 2002, nous devons au moins en faire subir autant à un cinquantenaire ambitieux en parfaite santé.

            A Cognac comme ailleurs, cette droite extrême a ses représentants qui soutiennent les propos xénophobes de leur candidat. Si jamais ces candidats accédaient au second tour, nous devrions à Cognac comme ailleurs envisager de signifier clairement à qui de droit que nous ne plierons pas. La question de l'immigration ne doit plus être un tabou, pas même pour la gauche social-démocrate qui ne veut plus aujourd'hui entendre parler d'immigration. Si les candidats de la droite extrême sont représentés le 6 mai, nous devrons inclure à l'ordre du jour de nos mobilisations la question du traitement des sans papiers, et ce même lorsque le PS estime que cette question est un tabou. Comme l'exigeaient les militants de RESF, comme l'exigeait la directrice d'école arrêtée par la police pour s'être opposé à la police devant une école lors d'une tentative d'arrestations d'enfants d'immigrés: tous les sans papiers doivent être régularisés. S'il doit y avoir mobilisation, cette question devra être centrale, le premier mai sera probablement le meilleur moment pour affirmer de nouveau notre solidarité avec les sans papiers.

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mercredi 25 avril 2007

            On le redoutait, Sarkozy atteint un score très important: plus de 30% des voix. Auxquelles se reporteront très probablement environ 10% du front national. Auxquelles il faudra aussi très probablement ajouter une bonne partie des voix de l'UDF.
            Tout cela pour dire que l'on se retrouve dans une situation extrêmement délicate: Sarkozy, au second tour, se retrouve dans une situation qui lui est à priori plutôt favorable. La droite extrême se rapproche de l'Elysée. Comment peut-on, aujourd'hui, hisser au pouvoir un populiste qui entretient la xénophobie en organisant des rafles spectaculaires de sans papiers, veut limiter le droit de grève,  estime que les tendances à la pédophilie ou au suicide sont génétiques, qui souhaite « dépister la délinquance » chez les enfants à trois ans, etc?

            Inconcevable.
            Inconcevable qu'il devienne président alors que sa politique sociale est connue (moins de 2% de logements sociaux à Neuilly dont il a longtemps été maire alors que la loi oblige à 20% de ces logements par commune), alors qu'il a ouvertement bafoué l'indépendance de la justice à plusieurs reprises en s'en prenant aux décisions des magistrats (voir d'ailleurs un bilan de son passage au ministère de l'intérieur fait par le vice-président du tribunal du Paris), alors qu'il tolère des arrestations de directrices d'école, qu'il s'attaque ouvertement au droit du travail, etc.

            Aujourd'hui, certains estiment que l'on ne peut pas voter Royal car chacun sait qu'il n'y a rien (ou presque) à en attendre sur les questions de services publiques, de réforme des institutions, etc. Mais la question n'est pas là : aujourd'hui, la priorité est de faire du second tour un plébiscite contre Sarkozy et les valeurs de droite extrême qu'il incarne, contre les cinq années de gouvernance anti sociale du tandem Chirac – Sarkozy car ce dernier reste quoiqu'en dise le candidat sortant, celui qui doit rendre compte aux électeurs de la casse de la sécurité sociale, de la casse du système de retraites, de la casse des services publics et de l'éducation, etc.
            Personne ne parle de soutenir Royal, mais bien de battre Sarkozy et les choix politiques qu'il incarne. Cinq années de sarkozysme à venir ne pourraient en aucun cas améliorer la situation de ce pays, bien au contraire, la rupture qu'il nous propose c'est la rupture du pire : poursuite de la casse des systèmes de protection sociale, poursuite de la dégradation et de la suppression des services publics, casse du droit du travail, etc. Et surtout, surtout, remise en cause des droits démocratiques de contestation des réformes qu'il voudra nous imposer : il a déjà été évoqué la remise en cause du droit de grève, la répression se fera de plus en plus dure contre les mouvements sociaux (rappelons qu'il y a encore des procès en cours contre des manifestants qui refusaient la réforme Fillon sur l'éducation en 2005! contactez nous si vous voulez plus d'informations).
            Les droits démocratiques ne seront plus garantis dans un pays gouverné par la droite sarkozyste. Alors que même si l'on est en droit d'être en désaccord sur le projet de société proposé par le PS, les droits démocratiques de contestation demeureront intacts, et ceci n'est pas négligeable.
            Il n'est de toute manière question pour personne, à gauche, actuellement d'envisager une véritable alliance avec le PS sans se trahir soi même. Bové ou le PC risquent de perdre en crédibilité en faisant des concessions sur les questions de re-nationalisation de services publics, les Verts devraient revenir sur leur position sur la question de l'EPR, et il n'est même pas envisageable que la LCR (qui s'est propulsée leader de la gauche radicale) accepte de faire des concessions sur toutes ces questions.
            Il faut donc maintenant nous préparer à bloquer toutes les entrées de l'Elysée à Sarkozy. Ce n'est que dans ces conditions que nous pourrons reprendre sereinement des luttes quotidiennes en faveur des services publics, de l'environnement, etc.
            Utiliser le bulletin Royal le 6 mai aura un sens politique : non pas celui d'un soutien à cette candidate, mais celui d'un rejet de la politique de Sarkozy.

Par Renaud
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Jeudi 3 mai 2007

 

 

            Au moment où le candidat de l'UMP parle de « liquider » l'héritage de mai 68, il nous faut aujourd'hui encore rappeler les dangers que ferait peser le maintien au pouvoir de ce candidat. Nous l'avons déjà évoqué dans un article précédent: les droits démocratiques de contestation, de grève, de syndicalisation risquerait d'être fortement attaqués.

 

 

            On ne va pas ressasser les évidences sur le projet de société de droite extrême proposé par Sarkozy basé sur l'identité nationale, le déterminisme génétique, le tout sécuritaire et l'abandon des plus démunis à leur sort.

 

 

            Affirmer tout cela ne doit pas nous faire oublier que la victoire de S.Royal ne devra pas nous empêcher par la suite de lutter contre l'influence grandissante des idées de Le Pen – Sarkozy en France. On l'a constaté tout au long de la campagne: les questions liées à l'immigration sont souvent assez largement délaissées à gauche, et l'on assiste à une droitisation progressive de la scène politique française.

 

 

            Face à l'homme qui aspire à « liquider l'héritage de mai 68 », il nous faudra donc « liquider le sarkozysme ».

 

 

            Dans le pays de Cognac, les prochaines élections législatives risquent d'être l'occasion d'un nouveau déferlement de pré-pensée extraites du petit livre du sarkozysme: cela fait des mois que dure un blog (celui de B.Miet) qui s'avère être incapable d'un brin d'autonomie intellectuelle au-delà des quelques répétitions d'extraits de discours du grand chef de l'UMP, et l'on risque de ne pas voir beaucoup plus que cela au cours des campagnes de J.Mouhot ou B.Sourisseau. Il y aurait fort à parier que la campagne de N.Belliot connaîtra aussi une forte inclination vers cette droite extrême.

 

 

            Face à ce déferlement, il faut bien dire que l'on a quelques doutes dans la capacité de réponse la candidate du PS, ainsi que dans sa capacité à combattre efficacement cette droitisation de la vie politique. Espérons tout de même que dans cette campagne, la capacité à endiguer ces dérives existera, et saura se rendre audible auprès de la population.

 

 

    Téléchargez un powerpoint amusant qui vous expliquera simplement le problème des retraites.

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mercredi 9 mai 2007

Depuis dimanche soir, chacun peut entendre différentes informations sur les manifestations qui suivent l'élection de N.Sarkozy.

Il s'avère que ces informations sont assez largement tronquées. Exemple, lundi matin sur France Info: les journalistes annoncent qu'environ 200 manifestants se sont affrontés aux CRS avant "d'être interpellés" (rentrez braves gens, l'ordre est rétabli).

En réalité, dans plusieurs villes, de grandes manifestations ont eut lieu dimanche soir puis lundi: plus de 5000 personnes à Paris ou Rennes, plus de 3000 à Montpellier, Lyon, Toulouse, etc. Un certain nombre de manifestations se sont suivies d'affrontements avec les forces de l'ordre, les manifestants tentant généralement d'aller vers les locaux UMP les plus proches.

Contrairement à ce qui est dit actuellement, il ne s'agit donc pas de "quelques militants d'extrême gauche", mais d'un mouvement plus large qui se développe en réaction à cette élection. De nouveaux rendez vous sont prévus jeudi, puis le 16 mai (jour d'investiture de N.Sarkozy).

Espérons que ce mouvement pourra se structurer au delà de la simple réaction "anti-sarko".

Ci-dessous, vous trouverez un communiqué d'une assemblée générale de jeunes de Lyon.

 

   Dès l’annonce de la victoire électorale de Sarkozy, des milliers de personnes ont manifesté spontanément dans les quartiers populaires comme dans les centres des grandes villes de France. Le lendemain, ce sont les lycéens qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur révolte. Et le soir, les manifestations ont continué. C’est la première fois de toute l’histoire de la Vème République que des manifestations massives s’opposent à la légitimité d’un président avant même qu’il ne soit investi. Et c’est justifié ! Le mode de scrutin, l’existence même d’un président de la république qui concentre entre ses mains des pouvoirs énormes, les manipulations et connivences médiatiques évidentes qui ont soutenu Sarkozy, sont fondamentalement antidémocratiques et évacuent de la représentation une large part de la société. La réponse du pouvoir a été immédiate : des centaines d’arrestations, des dizaines de blessés. Nous exigeons la libération des emprisonnés, la levée immédiate des poursuites. 
   Nous avons raison de nous révolter, car ce que nous promet Sarkozy, c’est :
   - les cadences infernales du travailler « plus pour gagner moins »
   - la liquidation du droit de grève (service minimum, vote majoritaire dans les entreprises et les universités)
   - la liquidation du contrat de travail (contrat unique sur le modèle du CPE/CNE refusé par la jeunesse et les salariés l’année dernière)
   - la casse des retraites, du service public (santé, éducation, culture, etc.)
   - la chasse accrue aux sans-papiers et à leurs familles
   - l’alignement de la politique internationale de la France sur celle des U.S.A., en plus de la contination du pillage néo-colonial en Afrique
  
   Et pour faire passer tout cela, le renforcement de tous les dispositifs policiers et sécuritaires et la suppression des libertés publiques et des possibilités d’expressions.
   Comme la majeure partie des travailleurs, des jeunes et des quartiers populaires qui n’ont pas voté pour lui, nous ne reconnaissons aucune légitimité à l’Etat Sarkozy. Les opprimés de ce pays doivent surmonter leur démoralisation présente pour faire face aux batailles à venir, qui seront décisives. Et ce n’est pas en négociant avec le futur gouvernement Sarkozy, que nous pourrons le mettre en échec.
   Les manifestations spontanées ne suffiront pas pour mettre un coup d’arrêt aux attaques et faire tomber le pouvoir. Sur nos lycées, nos universités, dans nos entreprises et nos quartiers : organisons nous !
   Manifestons massivement pour avertir le gouvernement à venir que nous ne laisserons rien passer, et pour redonner le moral à ceux qui l’ont perdu. Et, surtout, dès à présent, tissons les liens nécessaires pour l’avenir : c’est dans l’unité de la jeunesse et des salariés, avec toutes leurs organisations, et par la coordination nationale, que l’on pourra les faire plier ! L’exemple du CPE nous le montre.
Assemblée Générale lycéens, étudiants et jeunes travailleurs – Lundi 7 mai 2007 (adopté à l’unanimité)
Par Hasta Cognac, Siempre!
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Samedi 11 août 2007

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   Depuis quelques années, les lycéen-ne-s cognaçais-es ont commencé à prendre part de manière régulière aux mouvements de lutte nationaux: l'opposition à la réforme Fillon sur l'éducation au printemps 2005, puis le rejet de la loi dite d'égalité des chances au printemps 2006. En 2005, Cognac fut à la pointe du mouvement au niveau charentais, alors qu'en 2006 la durée de la mobilisation fut remarquable pour la ville de Cognac.
   Aujourd'hui cependant, la plupart de ceux et celles qui ont connu ces mouvements ont quittés les lycées Jean Monnet et Louis Delage. Il se pose la question de savoir comment va se faire la rentrée dans ces lycées. Car l'actualité sera chargée: une fois de plus, le gouvernement profite des départs en vacances pour faire passer ses réformes les plus dures.

 

La loi d'autonomie des universités

   Quels rapports entre l'université et les lycées? On en compte au moins deux: tout d'abord cette réforme s'inscrit dans la même lignée libérale que la réforme Fillon sur l'éducation en 2005, ensuite ce sont les lycéen-ne-s actuels qui seraient les premier-e-s à subir les conséquences de cette loi, si elle en venait à être effective.
   De quoi s'agit-il exactement? La loi d'autonomie vise un objectif clair dans l'esprit du gouvernement: faire des universités françaises des universités aussi compétitives que possible sur le marché mondial de l'enseignement et de la recherche. Concrètement, il s'agit de laisser les universités fonctionner comme elles l'entendent, tant au niveau pédagogique que financier. D'où le risque de graves déséquilibres. D'une part, les frais d'inscriptions des étudiant-e-s risquent d'augmenter du fait du désengagement financier progressif de l'état et de la concurrence qui va fatalement s'instaurer entre les universités.
   En effet, chaque université pourra librement employer les chercheurs et professeurs qu'elle souhaite, au prix qu'il lui semblera bon de les payer. On imagine déjà les conséquences: une université riche pourra se payer des « stars », et fera par conséquent payer ses formations plus chers aux étudiant-e-s, qui pourront alors disposer d'un diplôme prestigieux. D'un autre côté, on trouvera des universités pauvres, avec des chercheurs moins renommés, et des diplômes dévalués. Car il faut aussi signaler que chaque université disposera d'une autonomie supplémentaire dans le contenu des formations: une licence de biologie obtenue à Lyon n'aura plus rien à voir avec celle obtenue à Bordeaux! Cette mesure a une autre conséquence dramatique: la casse des conventions collectives, puisque ces conventions sont normalement signées en reconnaissant un même niveau de qualifications pour un diplôme donné... Il s'agit donc d'une casse du cadre national des formations.

   D'autre part, il convient d'analyser la composition des nouvelles instances qui décideront des orientations à donner aux universités. Le président disposera maintenant de la plupart des pouvoirs, il sera élu par le conseil d'administration. Ce dernier, composé de 20 à 30 membres, n'accueillera plus qu'entre 3 et 5 étudiant-e-s, mais pourra accueillir jusqu'à 5 représentant-e-s du monde économique (en général des membres du Medef ou des chambres de commerce locales). Il s'agit donc ici, une fois de plus, d'orienter la recherche et les formations en fonction des besoins temporaires du bassin économique propre à chaque université.
   Il faut aussi constater le risque d'une forte précarisation des personnel-le-s de l'université, pour deux raisons: les universités seront encouragées à confier un certain nombre de missions à des sous-traitants (y compris parmi les enseignant-e-s), mais elles seront aussi en mesure d'embaucher des contractuel-le-s en lieu et place de ceux qui disposaient d'emplois stables.
   Dernier point, particulièrement sensible pour les lycéen-ne-s: le bac était jusqu'alors l'épreuve qui ouvrait l'accès à l'université. Tout cela est remis en cause par « l'orientation active ». Il s'agit en réalité d'une procédure de pré-inscription à laquelle devront se soumettre tous ceux et celles qui souhaitent entrer à l'université. Un avis sera ainsi rendu à chaque lycéen-ne, sachant qu'il est probable que les critères de l'avis ne se fondent pas tant sur les compétences que sur les besoins temporaires en main d'oeuvre du bassin économique local...

 

Refuser cette loi: une épreuve stratégique...

   L'épreuve de force, que le gouvernement souhaite éviter en faisant cette réforme au cours de l'été, risque d'être délicate. Car il faut bien comprendre le sens prioritaire donné à cette réforme, ainsi qu'à quelques autres. Si le gouvernement choisit de faire passer cette loi d'autonomie, ou la réforme du service minimum, avant toutes les autres réformes prévues, il y a bien une raison. Il faut bien comprendre que le secteur des transports est un foyer de fortes résistances à ce type de réforme, et que les lycéen-ne-s et étudiant-e-s ont été les seuls à mettre en échec la droite au cours de ces cinq dernières années!
   C'est donc avec un esprit revanchard et une ferme volonté de mater les oppositions que Fillon et Sarkozy veulent imposer ces réformes. De ce simple fait, le mouvement d'opposition qui risque de débuter lors de la rentrée universitaire ne sera pas de tout repos: ce ne sera pas l'affaire de quelques jours et quelques manifestations! S'il a fallu plus de trois mois pour faire tomber le CPE, il faut s'attendre à quelque chose de semblable lors de la rentrée.
   Ce mouvement se devra d'être durable et de tenir tête au gouvernement pour une raison simple: reculer sur cette réforme, ce serait probablement provoquer l'abdication de la plupart des acteurs du mouvement social dans les cinq années qui viennent!

 

Et Cognac, dans tout ça?

   On en a déjà fait la preuve ces dernières années: les lycéen-ne-s de Cognac sont capables de s'organiser pour lutter lors des mouvements nationaux. Pourtant, le départ de la plupart de ceux et celles qui ont connu les mouvements CPE et Fillon peut être inquiétant.
   Dans ce contexte, il est temps que les lycéen-ne-s de Cognac s'organisent dès maintenant dans une structure capable de porter leurs revendications et d'organiser leur contestation dès la rentrée prochaine. Si certain-e-s le souhaitent, nous nous proposons de mettre en place un réseau d'adresses et d'apporter notre aide si nécessaire, vous pouvez nous contacter sur hastacognacsiempre@gmail.com

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Par Renaud
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Samedi 11 août 2007

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          Les Sans Papiers sont sortis de l'ombre,
        ils n'y retourneront pas !
 
 
Soutien à nos camarades de Lille,
Les sans papiers d'Angoulême, Saintes et Limoges apportent leur soutien fraternel et militant aux Sans Papiers du CSP59 en grève de la faim à Lille.
 
A l'aube de la commémoration de l'anniversaire du coup de hache de Saint Bernard, il est intolérable qu'aprés onze longues années d'une lutte de longue haleine pour retrouver la dignité et le respect dû à tous les êtres humains, Vous, Sans Papiers toujours boucs émissaires du gouvernement et encore en récidive de grèves de la faim, risquant votre vie pour un "bout de papier" soyez encore non entendus par ce gouvernement et leurs représentants; A votre côté nous demandons au prefet du Nord, Monsieur Canepa :
 
          - De respecter les engagements pris par le gouvernement de 2004 avec le CSP 59.
         - De régulariser sans délais les grévistes de la faim.
         - De respecter les principes et valeurs qui ont fondé la République et la Nation française.
         - D'arrêter les arrestations, violences policières et les mises en rétention à l'autre bout de la France.
         - D'arrêter de faire pression sur le personnel des hôpitaux pour chasser les Sans Papiers.
 
Partout en France, des Sans Papiers sortent de l'ombre et s'engagent dans une lutte pour la reconnaissance de leurs droits, soutenus par des citoyens, des républicains, le mouvement démocratique français, parce que c'est une nécessité d'affronter les chasseurs de têtes à la solde du gouvernement Sarkozy.
Nous Sans Papiers, d'Angoulême, Saintes et Limoges vous informons que nous avons fondé samedi le 4 août 2007, la Coordination Régionale des Sans Papiers (Angoulême, Saintes, Limoges) pour éradiquer le slogan "diviser pour régner". Nous demandons aux Sans Papiers de Province et de la Région Parisienne de se souder pour que la lutte paie.
C'est une Lutte juste, les Sans Papiers sont sortis de l'ombre, ils n'y retourneront pas !
 
 Nous sommes solidaires avec vous ,bien amicalement
 le 9 août 2007
la Coordination Régionale des Sans Papiers
(Angoulême, Saintes, Limoges)

* Angoulême : sanspapiers16@yahoo.fr
* Saintes      :
csp17@laposte.net 
* Limoges    : mdh.limoges@free.fr

Par Hasta Cognac, Siempre!
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Mardi 4 septembre 2007

     Au cour de l'inauguration du nouveau centre commercial d'Angoulême, la manifestation de soutien à la famille Cissé fait irruption. Le maire leur laisse la parole...



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Par Hasta Cognac, Siempre!
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Vendredi 7 septembre 2007
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Alors que nous nous étions permis il y a quelques semaines de publier un communiqué de soutien aux sans papiers grévistes de la faim à Lille, et bien que cette question ne semblait pas avoir de lien direct avec la politique cognaçaise, il semblerait que les évènements qui ont suivis nous aient donné raison. Comme nous l’avons signalé, une famille a été arrêtée à Cognac et reste menacée d’expulsion.

Cette situation n’est pas uniquement scandaleuse parce que la politique de traque hypocrite et inhumaine du gouvernement vient s’appliquer jusqu’en charente, mais parce qu’elle est de plus en plus souvent mise en application sans que les exécutants du pouvoir n'estiment nécessaire de la remettre en cause. C’est pourtant cette politique qui est responsable des séquelles que garderont les grévistes de la faim de Lille, c’est encore elle qui est responsable de la chute et de la mise en péril de la vie d’un enfant à Amiens cet été.

Cependant, en s’attaquant à cette politique et à ses instigateurs, il ne faudrait pas oublier de s’en prendre à ceux et celles qui permettent à cette politique de sévir aussi facilement. La pyramide des responsabilités ne doit pas diminuer la culpabilité des éxécutant-e-s. Le préfet zélé qui met en application les consignes reçues du ministère est tout aussi coupable que le ministre « de l’immigration et de l’identité nationale ». Les organisations de salarié-e-s policiers qui accompagnent cette politique sans broncher sont elles aussi coupables.
            Chacun à leur échelle, tous sont coupables d’accepter que le débat démocratique se focalise sur des faux problèmes : l’immigration ne diminuera pas à l’aide de barbelés aux portes de Ceuta, mais par une politique ambitieuse dans l’aide au développement aux pays du Sud ; le taux de chômage que nous connaissons actuellement ne sera pas résolu par le spectacle public de l’expulsion de quelques immigré-e-s sans papiers, mais par une remise en cause des dogmes de l'économie libérale et du productivisme, notamment par une réflexion sur une politique ambitieuse de réduction du temps de travail.
           Ce n’est donc pas juste à une politique abstraite que nous devons nous opposer, mais bien au ministre Hortefeux et ses collaborateurs directs et indirects. Face aux doctrinaires prônant l’expulsion des sans papiers comme seule solution à tous les maux de la France, il est bon de rétablir un certain pragmatisme, une capacité à prendre en considération la valeur des histoires individuelles et des vies humaines.

 

Rappeler les cas d’attaques contre les sans papiers au cours de l’été n’est pas une chose nécessaire : il y a eut le harcèlement subi par les grévistes de la faim à Lille, la chute d’un enfant à Amiens, l’arrestation d’une famille à Cognac… Et tant d’autres! A tel point que nous savons tous aujourd’hui, au moment où la loi Hortefeux commence à être discutée au parlement, que les sans papiers se trouvent dans une situation critique.

Nous devons donc rester solidaires de tou-te-s ceux et celles qui risquent l’expulsion, et pour cela, mettre en évidence les responsables de la situation. Ce sont les collaborateurs du ministre, ceux qui se font remarquer par le zèle bureaucratique avec lequel ils mettent en application la politique du ministère. Ceux qui détruisent des vies ne doivent plus avoir le sentiment du « travail bien fait » lorsqu’ils quittent leurs bureaux.

Et si le gouvernement et ses exécutants cherchent encore à criminaliser cette solidarité envers les immigré-e-s, ils doivent bien comprendre qu’ils ne pourront s’opposer indéfiniment aux solidarités populaires. D’ailleurs, la dernière tentative de faire sanctionner la solidarité avec les sans papiers a échouée (voir l’article ici). Peut être le début d’une prise de conscience? Peut être que les sans papiers ne retourneront plus dans l'ombre.

PROCHAINS RASSEMBLEMENTS DE SOUTIEN:
Samedi 8 à 18h, Champ de Mars à Angoulême
Samedi 9 à 11h, place Victor Hugo à Angoulême

Par Renaud
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